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Mélétê et Calliopê, tes soeurs en grâce de l'Hélicon, jalouses de
la radiante association de ton oeil vif et de ta main légère, se
sont retirées, enragées ; elles vont - c'est sûr - se plaindre à
Zeus de n'avoir pas, elles, été autant dotées que toi. Elles sont
neuf, tu le sais, et reçoivent depuis ... Piéros - c'est te
dire ! - jusqu'aujourd'hui, radieuses avec simplicité, les
hommages qui leurs sont dus et les offrandes des artistes. |
Envieuses, te dis-je, elles le sont toutes ; interdites... et dépitées, elles font grand bruit,
piétinent leurs instruments,
refusent de chanter et renvoient à leur piètre mémoire les poètes
figés devant leur page blanche. Grand tumulte dans l'Olympe,
inouï depuis Homère, mais audible de Delphes à Olympie, de
Cythère jusqu'à l'Épire, de Corynthe jusqu'à |
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"Les brumes de Rio" |
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La Terre, cette pauvre création du ciel, voici donc qu'elle rivaliserait ! Où va l'Olympe s'il n'est plus le seul recours, la référence inégalable et l'aboutissement du destin ? Où va l'Olympe si l'Académie est impuissante à gérer à sa guise les arts majeurs, sans autre avis que du divin ? Le graphe, il est vrai, qui ignore les Muses, inquiétait un peu ; mais, porté ou non aux nues, tant qu'il se plaisait à fixer la mémoire, Zeus n'y voyait que l'inspiration des dieux. Et voilà maintenant qu'il prétend, sans avis, sans égard, recréer le réel, lui redonner des couleurs, replacer le fixe dans le mouvement, retracer à son gré le contour des monts et des mers, relocaliser la vie-même ! |
L'éclair des emportements de Zeus, le voici transmuté en éclair
de génie, et au profit de qui ? Du graphe humain ! Décidément, il
devient temps de laisser Neptune engloutir le séjour des
iconoclastes que ni la leçon de Prométhée, ni celle de Pandore,
n'ont suffi à assagir ... Free DHTML scripts provided by |
