Odeur du café dans Merceria à
Venise et dans de toutes
petites rues
à l'arrière du Panthéon. Ou encore un
capuccino bien
moussu au Florian, sur la banquette du
Chinois, et
à travers les vitres on voit la langue baveuse
de l'acqua
alta lécher les dalles de la place Saint-Marc.
Dans des vitrines, sous les arcades, des lustres de
Murano
illuminés, a giorno. Dans les miroirs.
La planche branlante du ponton, sous le pied,
gorgée
d'eau. De
microscopiques créatures s'agitent dans le
glauque de
l'eau et la lumière d'un réverbère tombe
à pic
semant ses
dioptries comme une pluie d'étoiles.
Les mêmes au ras du quai de Collioure
sous un soleil d'argent
le vert profond de l'eau m'avait ému par sa limpidité nue
Des Italiennes de quatre ou cinq ans vendent des
pastèques
très
mûres, dont la tranche très rose paraît être
leur sexe offert.
Rues coupées au couteau du soleil levant,
derrière le Quirinal.
Le monde se
dessine.