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L’ivresse
de la page blanche est telle
que nous plongeons en elle
comme dans l’océan aux cils immaculés
nous l’entachons avec le verbe
indéfiniment
déclinable et
menteur
nous la souillons de nos puériles pensées
elle résiste effarouchée
puis se livre
pucelle désormais femme esclave
et nous n’aurons pas trop d’une existence
pour la consoler
d’avoir perdu ce qu’elle avait de plus précieux
que ne donnerions-nous pas pour qu’ainsi
le livre de notre vie
surchargé de graffitis
redevienne ce qu’il était jadis
un simple feuillet vierge où rien n’était
écrit
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